Mercredi 11 novembre, à 19h au Cercle de La Renaissance, Hommage à René Vautier, Le remord (court métrage) et Avoir 20 ans dans les Aurès
Hommage à René Vautier, cinéaste anticolonialiste dont le nom a été retiré d’une salle de cinéma à Elne.
La nouvelle municipalité d’Elne, dans les Pyrénées-Orientales, a choisi de débaptiser son cinéma Art et Essai qui portait le nom du cinéaste et résistant René Vautier. Justifiée par une volonté de « ne pas politiser la culture », cette décision a déclenché une vague de solidarité, menée notamment par de nombreuses salles de cinémas indépendants qui ont choisi de porter symboliquement le nom du réalisateur le temps d’une journée.
Nous avons fait le choix de projeter 2 de ces films pour nous associer à cette vague de protestation.
René Vautier s’est engagé dans la Résistance à seulement vingt ans, un acte de bravoure qui lui valut la croix de guerre, remise par le général de Gaulle. Envoyé en Afrique de l’Ouest par l’administration coloniale, il en est revenu avec Afrique 50, considéré comme le premier film anticolonialiste français. Ce geste audacieux lui a coûté une peine de prison et quarante ans de censure.
Son engagement l’a ensuite mené aux côtés du FLN durant la guerre d’Algérie, un soutien qui s’est paradoxalement soldé par deux ans d’emprisonnement infligés par le mouvement qu’il défendait. De cette épreuve est né l’un de ses films les plus célèbres, AVOIR 20 ANS DANS LES AURÈS, récompensé au Festival de Cannes en 1972. Fondateur de l’Unité de Production Cinématographique de Bretagne (UPCB), il a consacré sa vie à filmer les luttes sociales : grèves ouvrières, combats paysans, dénonciation des atteintes à l’environnement et soutien aux mouvements anti-apartheid à l’international.
Effacer son nom du fronton d’un cinéma n’est pas un acte anodin.
C’est une tentative de faire oublier une mémoire jugée dérangeante.
Une pétition a été lancée pour demander à la municipalité d’Elne de revenir sur sa décision et de rétablir le nom de René Vautier pour son cinéma. La démarche a déjà recueilli de nombreuses signatures, témoignant de l’attachement d’une partie du public et des professionnels à l’héritage du cinéaste.
La pétition est accessible en ligne .
Le remord
René Vautier campe le personnage d’un réalisateur-producteur « dans le coup », qui vient d’assister au matraquage d’un « Arabe » par la police dans la rue devant le bistrot où il déjeune. La scène l’a marqué, il n’a pas réagi sur le coup mais se promet de faire un jour un film sur ce qu’il a vu. Cette scène, qui se rapporte aux massacres d’Algériens à Paris (17 octobre 1961), symbolise l’importation particulièrement choquante de l’esprit criminel qui animait l’intervention de l’armée française en Algérie. Elle nous rappelle la réalité d’une violence extrême, encore présente dans les esprits et pour autant jamais assumée par une France qui nie encore sa responsabilité.

Avoir 20 ans dans les Aurès
Un groupe de Bretons réfractaires et pacifistes est envoyé en Algérie. Ces êtres confrontés aux horreurs de la guerre deviennent peu à peu des machines à tuer. L’un d’entre eux ne l’acceptera pas et désertera en emmenant avec lui un prisonnier du FLN qui devait être exécuté le lendemain.
Avec Alexandre Arcady (Noël), Hamid Djellouli (Youssef), Philippe Léotard (Le lieutenant).
Au Cercle de la Renaissance, salle du 1er étage, avenue Galliéni (face à La Poste)
Entrée à prix libre.
Apéritif à l’issue de la projection.



