Vendredi 15 mai, à 19h à la Boutique, regard sur le théâtre contemporain, La pêche du jour, d’Eric Fottorino
Lecture de Mariann Chrétien, Valérie Dol et Farid Chebout
Un texte d’intervention sur la question des migrants, pour réfléchir, pour s’indigner, pour agir.
Deux personnages réunis sur le port de Lesbos, en Grèce, évoquent le destin des migrants.
L’un est un étrange pêcheur qui fait commerce de leurs corps sans vie. L’autre un client dont on ne sait s’il veut acheter ces cadavres, ou se racheter.
D’emblée s’installent le malaise et le questionnement. Pourquoi ce mélange de cynisme, d’indifférence, d’impuissance ?
C’est le miroir de nos renoncements que nous tendent les mots âpres de l’auteur qui se demande si nous avons cessé d’être humains.
Au moment où le sort des réfugiés est sans cesse instrumentalisé, où des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants meurent de traverser la Méditerranée parce qu’ils veulent simplement vivre, La Pêche du jour est un texte sombre et bouleversant.
Pour réfléchir, pour s’indigner, pour agir.
« Ce texte d’Éric Fottorino n’est pas seulement magnifique. C’est une œuvre radicale, qui pousse la logique de la lâcheté de notre indifférence jusqu’à se retrouver dans la peau de cet ancien professeur d’Humanités qui vend la chair des migrants morts en mer sur son étal de poissons », Jacques Weber

« La pêche du jour », d’Éric Fottorino, publié aux éditions Philippe Rey. À peine 70 pages, qui se lisent d’une traite, le temps d’un voyage en train, d’une soirée tranquille, d’un après-midi au chaud… Mais attention, c’est une lecture qui dérange, un petit livre coup de poing, qui va vous bousculer, vous percuter, et troubler le cadre paisible de votre quotidien…
Fottorino est d’abord journaliste. S’il fait un détour par la fiction, c’est sans doute parce que l’information ne passe plus. Je n’irai pas jusqu’à dire que nous nous sommes habitués, certainement pas, et l’actualité réveille régulièrement nos consciences.
Mais cela n’empêche pas la littérature de refléter aussi ces drames. Fottorino n’est pas le premier ni le dernier à évoquer le drame des migrants, et la fiction a ce pouvoir de bousculer, de provoquer, avec des histoires qui vont au-delà des faits pour aller plus loin, pour ouvrir un horizon, fût-il terrible. Ce petit texte est dérangeant, obscène, mais n’est-ce pas la réalité qu’il laisse transparaître, comme un révélateur de nos ombres. La littérature est un miroir, tout comme la mer : « Plus de vingt mille noyés. La Méditerranée est devenue le plus grand mouroir du monde à ciel ouvert, écrit Fottorino. Elle est aussi notre miroir, dans lequel nous pouvons nous regarder, si nous avons le cran« .
Christophe Henning
A La Boutique, 6 rue des Frères Blanchard
Entrée libre
Bar associatif et restauration légère (maison) à prix doux


